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Aaron Swartz : 1986 – 2013

Sans même le savoir, vous avez utilisé ou vous vous êtes intéressé à un moment à une partie du travail de Aaron Swartz.
Programmeur et écrivain, il pensait que la savoir, la culture devaient être accessibles à tous, c’était ce qu’on appel un hacktiviste.

A 13 ans, il remporte un concours de création de site Internet utile et collaboratif qui lui permet de se rendre au MIT, le célèbre institut américain berceau de la culture hacker. C’est là que parmi un groupe de travail il participera à la création des spécifications RSS 1.0 qui est devenu une partie indispensable du web.

Plus tard, poussé par Y Combinator (Hacker News), il créé une startup baptisée Infogami qui fusionnera avec Reddit que presque tout le monde connait.
Il est aussi à l’origine du framework web.py auquel les pythonistes ont pu s’intéresser.

Très intéressé par la publication (au sens large), il a créé le site Open Library et était un éditeur actif sur Wikipedia.

Dès 2009, Aaron met en pratique les valeurs des hackers qui lui ont sans doute été inculquées lors de son passage au MIT, notamment la nécessité que l’information soit libre et gratuite : lors d’une visite à la cour d’appel des États-Unis pour le septième circuit, il installe un programme perl qui récupère des documents du PACER (Public Access to Court Electronic Records, un service américain de publication des documents de décisions de justice des tribunaux) et les reposte sur le cloud.
18 millions de document sont ainsi récupérés et redonnées à un groupe qui souhaite les publier gratuitement alors que le PACER faisait payer l’accès à ces documents (en France on trouve aussi beaucoup de sites faisant de l’argent de cette façon par exemple pour l’accès à des conventions collectives etc).
Swartz n’aura pas à s’expliquer devant la justice pour cette affaire.

Début 2011, Aaron récidive en s’attaquant cette fois à JSTOR. Cette librairie électronique fournit des documents académiques pour les étudiants. Aaron disposait d’un accès en temps que membre de l’Université d’Harvard.
Dans un cagibi du MIT il planque un ordinateur portable et un disque externe relié au réseau qui lui permet de récupérer environ 4 million de documents.

En dehors du vol des documents, Aaron est aussi accusé d’avoir crashé sans le vouloir des serveurs de JSTOR (+ l’accès frauduleux au MIT). Le procureur dans cette affaire indique que Swartz comptait mettre les documents sur des sites P2P.
Une peine pouvant aller jusqu’à 35 ans de prison et une amende d’un million de dollars est avancée par le procureur. JSTOR a pourtant abandonné les poursuites. Le MIT ne s’est pas prononcé sur cette affaire, une brèche qui a laissé le dossier ouvert.

Alors en pleine dépression, Aaron est retrouvé mort le 11 janvier. L’histoire fait un scandale sur le web et la colère se dirige en partie vers JSTOR et le MIT mais surtout vers Stephen Heymann, le « procureur persécuteur » qui avait déjà géré le cas de Jonathan James alias Comrade arrêté dans le cadre de l’affaire TJX qui s’était lui aussi suicidé.

Anonymous a lancé une série d’attaques sur les sites du MIT alors que l’Institut a indiqué avoir ouvert une enquête pour déterminer son implication sur le sujet.

JSTOR a de son côté indiqué qu’ils libéreraient 4.5 millions d’articles.
Ils ont été « aidé » malgré eux par Anonymous qui a mis en ligne 33Go de documents leur appartenant.

Le procureur a été vivement critiqué par exemple dans un article d’un confrère ou via le site de commémoration ouvert par la famille.. Comment une telle peine a t-elle pu être avancée alors qu’aucune information n’avait été vérifiée ? En particulier la valeur des documents volés aurait été plus qu’exagéré.
On reproche au procureur d’avoir voulu faire gonfler l’affaire pour sa propre carrière professionnelle.

Récemment, une proposition a été faite pour modifier le Computer Fraud and Abuse Act afin que le non respect des ToS ne puisse pas vous envoyer en prison.