e-g8 : Non au G8 de la censure d’Internet !

Le groupe DegenereScience Lille vient de publier un communiqué pour s’opposer à la tenue toute prochaine du fameux G8 de l’Internet, à Paris.

http://lille.dg-sc.org/blog/index.php?post/2011/05/20/e-g8-%3A-Non-au-G8-de-la-censure-d-Internet-%21

Version imprimable (PDF) : http://lille.dg-sc.org/tracts/2011/eG8-19-05-2001.pdf (ne pas hésiter à diffuser !).

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e-g8 : Non au G8 de la censure d’Internet !

Les mardi 24 et mercredi 25 mai prochains aura lieu à Paris un événement international d’un nouveau genre : le G8 de l’Internet. Prévu en tant que préparation au G8 de Deauville (jeudi 26 et vendredi 27 mai), il a été organisé selon les souhaits de Nicolas Sarkozy, qui est également l’actuel Président du G8, afin de légitimer au niveau international sa vision de l‘“Internet civilisé”.

Il a donc, pour cela, réuni à la fois les organisations les plus en pointe dans la lutte contre la liberté d’expression et les entreprises championnes dans l’art de générer du profit grâce aux informations personnelles et privées des citoyennes et des citoyens. Ainsi Microsoft, Facebook, Google ou encore France Telecom seront représentées et participeront aux discussions officielles (bien qu’interdites au public) avec les dirigeantes et dirigeants des huit pays les plus riches du monde.

Le contenu annoncé de ces discussions ne laisse aucun doute sur les intentions réelles des personnes qui y assisteront : il s’agit principalement d’harmoniser les législations en matière de censure des réseaux de communication au nom de la lutte contre le terrorisme et contre le partage d’informations soumises à droit d’auteur. Le Président Sarkozy souhaite promouvoir son HADOPI et sa LOPPSI, et il passe à l’offensive en réunissant les soutiens internationaux acquis à sa cause pour s’organiser, se synchroniser et passer à l’action : surveiller et punir, tout en générant un maximum de profit.

D’un côté, la Loi sur la Sécurité Quotidienne (LSQ, 2001), la loi sur les Droit d’Auteurs et les Droits Voisins dans la Société de l’Information (DADVSI, 2006), la HADOPI, et la censure gouvernementale d’Internet introduite par la toute récente LOPPSI. De l’autre, la Loi pour la Confiance dans l’Économie Numérique (LCEN, 2004), la création d’un Secrétariat d’État à l’Économie Numérique (transformé depuis en Ministère), et la remise de la légion d’honneur au PDG de Microsoft. Ce sont les deux volets d’une politique simple et cohérente : Internet serait au mieux un agrandissement de l’espace marchand, et au pire une régression de la démocratie qu’il s’agirait de “civiliser”. Ce sont les deux volets d’une politique globale qu’il s’agit de rejeter en bloc, car la démocratie ne saurait exister entre le marteau répressif et l’enclume marchande.

Mais ce G8 de la censure d’Internet est le reflet global d’une idéologie politique dont les effets se font également sentir localement, au plus près de chacun et de chacune d’entre nous : politiques municipales sécuritaires, promotion de la surveillance généralisée des lieux publics, mises en place de technologies de suivi des déplacements (la future carte RFID de Transpole, prévue pour l’an prochain), urbanisme soit-disant moderne conçu pour empêcher les émeutes et maximiser le rendement publicitaire (Euralille 2), etc. Nous sommes donc tous et toutes face à des enjeux globaux contre lesquels il faut se mobiliser localement : favoriser la liberté de circulation de l’information, s’organiser pour protéger notre vie privée tout en refusant la marchandisation de nos données personnelles, et refuser partout le discours de la peur.

Aucune CNIL ne nous sauvera des décisions prises lors de ce G8.
Seules la vigilance et l’action citoyenne le pourront.

Groupe DegenereScience Lille,
mai 2011
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